Rapport annuel mondial du secteur du private equity 2017 - Le cas de l'Europe

LE CAS DE L’EUROPE – POURQUOI LES INVESTISSEURS DU PRIVATE EQUITY PEUVENT TROUVER DES OPPORTUNITES DANS UN CONTINENT FRACTURE


D’après le huitième rapport mondial annuel de Bain & Company sur le Private Equity, l’Europe offre encore de belles opportunités pour les firmes de Private Equity avec la bonne approche.


Paris, le 1er mars 2017 - Avec les incertitudes liées au Brexit, des élections décisives et à fortes incertitudes dans les pays clés que sont la France, l’Allemagne et les Pays-Bas, une crise des migrants qui continue et un retour au premier plan de la dette grecque, l’Europe va affronter de très fortes turbulences en 2017.

Et pourtant, dans la huitième édition de son rapport mondial annuel sur le Private Equity, Bain & Company, le leader du conseil du secteur du Private Equity (PE), considère que l’Europe offre encore de belles opportunités pour les firmes de Private Equity. Avec une diligence appropriée et la bonne évaluation des scénarios macro-économiques clés, et en se concentrant sur les bonnes entreprises (par opposition aux bons secteurs ou aux bons pays), les firmes de PE peuvent encore identifier des actifs qui produiront des rendements élevés attendus par les ‘limited partners’ (LPs) en dépit des nombreux vents contraires qui caractérisent l’économie européenne actuelle.

« Nous sommes régulièrement interrogés sur la façon de regarder les opportunités d’investissement en Europe dans le contexte des événements politiques récents » explique Graham Elton, responsable de la pratique Private Equity pour la région EMEA. « Nous pensons qu’il y a toujours des opportunités, mais qu’elles exigent des investisseurs un vrai savoir-faire de sourcing, la diligence de réfléchir aux cibles selon des scénarios multiples, la capacité à évaluer les risques induits par les conditions macro-économiques et les mouvements de change, sans oublier la confiance et la compétence pour conduire les programmes de création de valeur post-acquisition. »


L’Europe offre de belles opportunités pour le Private Equity


En surface, l’Europe semble moins attractive que les Etats-Unis, la principale alternative pour l’investissement en marchés matures : la croissance de la zone Euro a été moins forte que la croissance américaine, la diversité linguistique et culturelle rend les affaires plus difficiles. Et toute solution globale aux défis structurels de l’Union Européenne se fera à un prix élevé avec notamment un accroissement des dettes souveraines, une dégradation des performances et des bilans des banques liée à la montée des prêts non performants, ainsi qu’une forte aggravation du chômage dabs certaines parties de l’UE.

Il faut cependant se souvenir que les investissements PE en Europe mature ont connu une performance au moins aussi bonne, et même parfois meilleure que les investissements PE aux Etats-Unis (sur la métrique des retours / IRR). De même, les investissements PE en Europe ont connu un écart de performance favorable et significatif avec les investissements européens côtés.

Une première explication est une offre large de sociétés dans lesquelles investir. Le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et l’Italie ont un ratio de grandes sociétés rapportées au PNB plus élevé qu’un grand nombre de régions dans le reste du monde. De plus, la plus faible part du PE dans l’économie de ces quatre pays (mesurée comme la valeur des transactions en pourcentage du GDP) suggère qu’il y a encore des opportunités de croissance pour le PE en Europe.

Bain pense que la région offre encore un énorme potentiel. Les transactions ‘sponsor to sponsor’ ont longtemps été et sont toujours prédominantes en Europe, ce qui a produit des rendements plus élevés avec une moindre volatilité. Une étude de Cambridge Associates sur le capital-transmission (buy-out) et sur le capital-développement (growth) européens et nord-américains de 2004 à 2012 a montré que le multiple brut sur capital investi en ‘sponsor to sponsor’ a été en moyenne plus élevé que les autres types de transactions (2,6x vs. 2,3x). La prépondérance de ce type de deal ne devrait pas être considérée comme une façon de se ‘refiler le bébé’ mais plutôt comme l’opportunité pour un nouvel actionnaire PE d’appliquer d’autres savoir-faire sur une société étant déjà passée entre les mains d’un PE et donc présentant un plus faible risque à l’acquisition.

Certains investisseurs s’inquiètent du niveau élevé et croissant en poudre sèche (le capital levé et non encore investi). Ce phénomène pourrait signifier que trop de capital cherche à être investi dans un nombre trop faible d’opportunités. Cependant la poudre sèche est également à des niveaux historiques plus élevés aux Etats-Unis, et donc les niveaux européens restent à des niveaux acceptables (l’équivalent de 3.3 années en valeur de deals contre 4.3 aux Etats-Unis). Même si la poudre sèche peut traverser l’Atlantique dans un sens ou dans l’autre, le point de départ de l’Europe semble plus favorable.

Pour réussir en Europe indépendamment du scénario qui l’emportera, les investisseurs du PE doivent positionner prudemment leurs paris entre pays et secteurs. Les sous-secteurs attractifs sont ceux qui auront démontré une bonne résilience dans les épisodes récessifs passés comme par exemple la technologie médicale, les cartes et paiements, le software, les fournisseurs de soins de santés, etc. Certains de ces sous-secteurs vont continuer à surperformer et les investisseurs devront avoir les compétences pour les identifier et les diligenter soigneusement. Une diligence de bonne qualité est encore plus critique dans un tel scénario pour évaluer les facteurs de risque et estimer le bon prix pour les actifs.

Cependant, choisir les bons pays ou les bons secteurs ne garantit pas les meilleurs rendements. Le choix de l’entreprise est beaucoup plus déterminant. Dans tous les secteurs, y compris ceux qui bénéficient d’une croissance soutenue et d’une bonne résilience, la performance des acteurs est très variable. En fait, les études de Bain montrent que la variabilité de performance des entreprises est fondamentalement plus importante que celles de leurs secteurs d’activité.

Une fois la cible identifiée, la décision d’investir dans un contexte de forte incertitude politico-économique nécessite de peser soigneusement l’impact des scenarios possibles sur la performance de l’entreprise, et notamment la capacité de résistance aux risques de change, particulièrement élevés actuellement.


Les tendances du Private Equity européen en 2016


SORTIES

Les sorties réalisées par les actionnaires PE ont été en baisse par rapport à 2015, de 28% en valeur et de 19% en volume. Cette baisse n’est pas la conséquence d’une détérioration du marché, mais découle d’une réduction du pipeline des sociétés prêtes à la revente dans les portefeuilles PE. Cette baisse n’est pas une surprise, le secteur ayant désormais liquidé les ‘gros’ millésimes pré-crise, le pipeline de sortie provient désormais largement des millésimes post-crise arrivant à maturité, qui étaient des petits millésimes (en volume et en valeur, pas en qualité).

Globalement, les ‘General Partners’ (GPs) ont vendu pour un total de $107 milliards en Europe, ce qui constitue la quatrième meilleure année de toute l’histoire du PE en Europe.


INVESTISSEMENTS

Au niveau mondial, les investissements PE ont baissé en 2016 en Europe par rapport à 2015, de 18% en volume et 14% en valeur. Au niveau européen, la baisse été plus faible (11% et 10% en volume et en valeur respectivement). Cette baisse a été plus particulièrement marquée au Royaume-Uni. Après le choc initial des événements politiques, les investisseurs européens se sont rapidement remis au travail.

L’année a été compliquée par des niveaux de valorisation record et une concurrence exacerbée, en particulier du fait des acheteurs industriels (‘corporate’). La difficulté à investir, combinée à l’enthousiasme confirmé des LPs pour le PE a résulté en un nouveau record de poudre sèche, soit $1.5 trilliards pour l’ensemble du PE, et de $534 milliards pour les acteurs du buy-out.


LEVEES DE FONDS

Les levées de fonds européennes ont cru de 16% avec un total levé de $53 milliards en 2016. Les investisseurs renouvellent leur confiance dans la capacité de produire des bons rendements en Europe occidentale malgré les multiples événements déstabilisants observés en 2016.

Bien que les fonds de PE puissent être classés selon leur focus géographique, beaucoup de fonds de PE relâchent leurs mandats de façon à pouvoir allouer leur capital avec plus de flexibilité sur d’autres régions. Ce qui donne aux GPs plus de flexibilité en cas de grave détérioration des conditions économiques dans certaines régions, tandis qu’un grand nombre d’entre eux continuent d’étendre leur réseau géographique.


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Pour obtenir une copie de l’intégralité de la septième édition du rapport mondial de Bain & Company ou pour programmer une interview avec Jean-Marc Le Roux, Daphné Vattier ou Jérôme Brunet, veuillez contacter :

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Tatiana Huchet, tatiana.huchet@bain.com
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A propos de l’expertise de Bain & Company en Private Equity

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