Rapport annuel sur le private equity et les fusions-acquisitions dans la santé 2017

LES INVESTISSEURS DU PRIVATE EQUITY SE TOURNENT MASSIVEMENT VERS LA SANTE COMME VALEUR REFUGE AU MILIEU DES PERTURBATIONS MACRO ECONOMIQUES, AUGMENTANT LA VALEUR TOTALE DES DEALS A 36,4 MILLIARDS € EN 2016 – SON PLUS HAUT NIVEAU DEPUIS 10 ANS


Le sixième rapport annuel de Bain & Company sur le private equity et les fusions-acquisitions dans le secteur de la santé révèle que les acteurs européens se tournent vers les Etats-Unis pour des deals plus attractifs.


Paris, le 24 avril 2017 - En pleine interrogation sur les perspectives de l'économie mondiale, les investisseurs ont doublé la mise sur le secteur de la santé comme valeur refuge en 2016, ce qui a permis d'augmenter à la fois le nombre de deals et leur valeur. C’est ce que révèle le sixième rapport annuel de Bain & Company sur le private equity et les fusions-acquisitions dans le secteur de la santé, publié mercredi.

Le secteur suscitant beaucoup d’intérêt, les investisseurs ont néanmoins dû faire face à une concurrence très rude qui a entraîné une hausse des valorisations et les a forcé à devenir créatifs. De nombreux fonds ont profité d’un écart de valorisations entre certains actifs du public et privé dans la santé, avec pour conséquence une hausse du nombre d’opérations de privatisation. Le revers de cette tendance a été une diminution du nombre d'introductions en bourse dans un contexte général de légère baisse de l'activité de sortie.

En fort contraste avec la baisse globale des investissements de private equity, l’activité de private equity dans le secteur de la santé a explosé l'année passée. La valeur totale des deals publiés de private equity en santé a atteint 36,4 milliards de dollars en 2016 (à l'exclusion de plusieurs deals importants avec une valeur non divulguée), son niveau le plus élevé depuis 2007. Cela représente une augmentation de près de 60 pourcent par rapport au total de 23,1 milliards de dollars en 2015. Deux méga-deals - l'investissement de 7,5 milliards de dollars dans MultiPlan et l'acquisition de TeamHealth pour 6,1 milliards de dollars - représentaient plus du tiers de la valeur totale des deals. Le nombre de transactions a également été porté à 206 en 2016, contre 199 l'année précédente.

En Europe, la valeur des deals a chuté de 42 pourcent, passant de 8 milliards d’euros en 2015 à 4,6 milliards d’euros en 2016. Les investisseurs européens ont préféré se tourner vers les opportunités qui se présentaient aux Etats-Unis : quatre des dix deals les plus significatifs dans la santé en 2016 concernaient des investisseurs européens achetant des actifs américains.

« En tant que pari sur le long terme, le secteur de la santé est difficile à battre » déclare Franz-Robert Klingan, associé et membre des pôles EMEA Private Equity et Santé de Bain, co-auteur du rapport. « Nous avons tous - à un moment ou à un autre - besoin et bénéficions des produits et des services du secteur. Les fonds de private equity qui tireront le meilleur parti de cette période seront ceux qui choisiront les actifs avec le meilleur potentiel de croissance, indépendamment de l'orientation de l'économie et des autres tendances macroéconomiques.»


Coup de projecteur sur les fusions-acquisitions en santé au niveau global


La valeur totale des fusions et acquisitions dans la santé a fortement diminué en 2016, bien qu’étant la troisième meilleure année jamais enregistrée. Une grande partie de ce ralentissement est attribuable à la pénurie de méga-deals. L'activité s'est cependant ralentie pour des deals de toutes tailles, y compris pour ceux dans le « sweet spot » pour les fonds plus importants entre 500 millions et 5 milliards de dollars. Cela a contribué à une légère baisse du rythme des sorties en santé, de 145 en 2015 - une année record - à 126 l'année dernière. Les ventes aux entreprises continuent de constituer la majeure partie des sorties, mais leur part de l’ensemble des sorties a chuté à 50 pourcent en 2016, contre 57 pourcent en 2015. L'activité d'introduction en bourse a également diminué comparativement au nombre total de sorties, de 16 pourcent en 2015 à 8 pourcent en 2016. La bonne surprise pour les vendeurs en 2016 a été les transactions « sponsor-to-sponsor », qui ont augmenté en nombre et en volume, passant de 28 pourcent à 42 pourcent des sorties totales. Malgré le ralentissement général des sorties, de nombreux fonds ont pu réaliser des sorties significatives à des multiples attractifs.


Nouvelles tendances vers un horizon marqué par les privatisations, les investissements transfrontaliers et l’IT en santé


Alors que le marché boursier américain est resté solide, les actifs de santé ont légèrement diminué par rapport à leur plus haut niveau en 2014, entrainant une baisse des multiples de valorisation publics pour les sociétés du secteur de la santé listées aux États-Unis. Parallèlement, la concurrence accrue sur ces actifs pousse les multiples à la hausse sur le marché privé. En conséquence, certains actifs sur le marché public se sont négociés suffisamment au rabais pour que les entreprises de private equity les privatisent.

Selon Bain, trois des quatre principaux deals dans le secteur de la santé en 2016 ont été des privatisations impliquant des entreprises américaines et représentant près de 30 pourcent de la valeur totale rendue publique. À l'avenir, les fonds continueront de rechercher des cibles de privatisation aux États-Unis ainsi que dans d’autres régions, en particulier en Europe ou Bain anticipe une augmentation de ce type d’opérations.

De nombreux investisseurs ont franchi leurs frontières en 2016. Les investisseurs européens à la recherche d’actifs de poids ont visé les Etats-Unis, le plus grand marché de la santé au monde, où des cibles d’envergure - fournisseurs et services associés à la santé - étaient immédiatement accessibles. L'année dernière, neuf des dix principaux deals mondiaux concernaient des cibles américaines, mais quatre d'entre eux étaient dirigés par des acheteurs européens. Cela contraste nettement avec 2015, où la moitié des dix principaux deals concernaient des cibles européennes, et aucun des dix meilleurs deals ne provenait d'investissements transfrontaliers.

L'investissement transfrontalier a également été actif en Asie-Pacifique en 2016. Les investisseurs chinois en particulier se sont tournés vers l’étranger, achetant souvent des entreprises étrangères afin d’importer leurs services en Chine. Les fonds des marchés développés dans la région ont également fortement investi dans les économies émergentes.

Du point de vue sectoriel, le degré élevé d'incertitude quant à la réglementation et aux niveaux de remboursements futurs dans le secteur de la santé, en particulier aux États-Unis, ont dirigé les investisseurs vers des secteurs adjacents - à savoir des entreprises qui peuvent résister aux risques liés aux niveaux des remboursements, mais profitent des tendances positives et stables qui caractérisent le secteur. Il s’agit souvent d’entreprises qui fournissent des solutions d’IT, des services de « staffing » de personnel de santé et d'autres services, tels que les sous-traitants et les sociétés des technologies de l’information dans la santé.

Le secteur des technologies de l’information dans la santé a été particulièrement actif l'année dernière. La valeur totale des deals de ce secteur a augmenté de 15,5 milliards de dollars - soit quatre fois plus que l'année précédente – avec une concentration sur les entreprises de technologies traditionnelles ainsi que sur les entreprises de services combinant des solutions technologiques avec des offres de services pour répondre aux besoins de leurs clients. Le segment a attiré à la fois des fonds spécialisés sur la santé ainsi que des fonds IT, générant une forte concurrence et une hausse des valorisations. De nombreux fonds ont recherché des leaders dans leur catégorie, offrant des perspectives prometteuses de développement dans des métiers proches du cœur de métier, tandis que d'autres ont recherché des actifs avec des opportunités claires de « buy and build ». Données, analyses, maîtrise du cycle de revenus et solutions informatiques pour d’autres types de centres de soins - tels que pour la thérapie comportementale - ont été parmi les principaux sujets d’intérêt des deals réalisés les années précédentes.


Ce qui nous attend en 2017


« Les investisseurs peuvent s'attendre à une plus grande volatilité en 2017 », déclare Jérôme Brunet, associé et membre du pôle Private Equity à Paris. « Plus les perturbations économiques se poursuivent, plus secteur de la santé demeurera attractif et sera perçu comme un investissement sûr. Avec une population mondiale vieillissante et plus vulnérable, la demande de services de soins de santé augmentera indépendamment du contexte économique. Cependant, cela ne veut pas dire que tout sera facile pour les investisseurs dans le secteur de la santé : les valorisations très élevées signifient qu’ils devront naviguer dans des eaux agitées.»

Dans cet environnement, les décideurs devront continuer à être créatifs et redoubler d’efforts pour trouver des cibles susceptibles de produire des retours significatifs.

Les leaders de catégorie, souvent mieux placés pour résister à un ralentissement économique, continueront d’être plus chers. Les investisseurs qui cherchent à adopter une stratégie « buy & build » valoriseront ces entreprises comme celles les mieux placées pour acquérir des concurrents plus petits et plus faibles.

Selon Bain, d'autres accords de consortium sont également probables. « Nous assisterons également à une augmentation des partenariats entre les fonds de private equity et les entreprises, en particulier dans les secteurs de la pharmacie et des medtechs, qui pourraient être mûrs pour des cessions d’actifs en carve-outs (scissions) après la vague de méga-fusions au cours des dernières années », affirme Loïc Plantevin, associé en charge du pôle Santé à Paris.


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Pour obtenir une copie de l’intégralité de la sixième édition du rapport mondial de Bain & Company sur le private equity et les fusions-acquisitions dans le secteur de la santé ou pour programmer une interview avec Loïc Plantevin et Jérôme Brunet, veuillez contacter :

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Tatiana Huchet, tatiana.huchet@bain.com
Clotilde Bouthonnet, clotilde.bouthonnet@bain.com

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