Rapport Santé 2016 : Les professionnels de santé en première ligne

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Dans un environnement sous tension, notamment en raison des pressions sur les coûts auxquelles font face les établissements, les médecins interrogés doutent de la capacité de leur établissement à relever les défis qui les attendent. A l’échelle européenne, seuls 30% des médecins des hôpitaux publics estiment ainsi que leur établissement dispose des structures appropriées et ils sont encore moins nombreux (29%) à juger suffisants les investissements réalisés par leur établissement. Il n’est dès lors guère étonnant que seul 1 médecin interrogé sur 4 se déclare animé par sa mission au sein de son hôpital. Un chiffre à nuancer quand on constate que seuls 28% des médecins français expriment leur intention ferme de changer d’établissement dans les deux prochaines années, contre 65% au Royaume-Uni.


L’étude anticipe également l’impact direct de la systématisation et de la standardisation sur toute la chaîne de valeur des systèmes et procédures de soins de santé en Europe, des laboratoires pharmaceutiques aux fabricants de matériel médical, et observe que dans les établissements, les décisions sont de plus en plus orientées selon des critères de coûts et de résultats, à la lumière de 4 chiffres clés :

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INDUSTRY EXPERTISE

Santé
  • La part de chirurgiens attestant que le responsable achats de leur établissement définit des orientations, voire est décisionnaire, dans l’approvisionnement en instruments et en matériel médicaux a doublé en 3 ans en France, de 20 à 40%.
  • Dans les 4 pays européens sondés, 55% des chirurgiens déclarent avoir cessé d'utiliser un dispositif parce qu'il n’était plus fourni par leur établissement.
  • Comme aux États-Unis, la concurrence va s’accroître à mesure que les hôpitaux vont structurer leur fonction achats et mettre en place des programmes de fournisseurs privilégiés, qui renforceront l’avantage des leaders dans leur catégorie. L’Allemagne est le pays qui a connu la plus grande rationalisation en 3 ans, avec 91 % des responsables d’établissements faisant appel à 10 fournisseurs maximum, contre 60% il y a 3 ans. La France prend le même chemin, même si la tendance y est moins marquée (70% contre moins de 60% il y a 3 ans).
  • En ce qui concerne le poids du facteur coût dans la prescription des médicaments, le curseur se déplace d’un pays interrogé à l’autre. Plus de 60% des médecins britanniques et 57% des médecins allemands considèrent le prix comme un critère déterminant dans la prescription, contre seulement 1 médecin interrogé sur 5 en France. Toutefois, les médecins français perçoivent plus volontiers leur devoir de responsabilité en matière de contrôle des coûts (62%) que la moyenne de leurs voisins européens (54%).